‹ Theatre italien de M. de FlorianChapitre 99 sur 113 · SCENE X · texte numérisé non relu

SCENE X

ARLEQUIN

Belle demande ! le portrait.

ROSETTE

Quel portrait?

ARLEQUIN

Comment, quel portrait! Le tien, Y en a-t-il deux dans le monde?

Tu l’as dans ta poche.

ARLEQUIN

Je l’ai dans ma poche ! et qui l’y auroit mis ? ( Il se fouille. )

ROSETTE

C’est toi ; je te l’ai donné il n’y a pas un quart d’heure.

ARLEQUIN

Tu me l’as donné?

• ROSETTE

Sans doute.

ARLEQUIN

A moi?

ROSETTE

A toi-même : l’as -tu déjà oublié?

ARLEQUIN

Ecoutez, ma bonne amie , c’est sûrement moi qui ai tort ; car il est impossible que vous n’ayez pas raison :

mais on ne s’entend jamais bien à cinq ou six toises l’un de l’autre ; faites-moi le plaisir de descendre, je vous en prie.

Très volontiers ; ce nesera pas pour long- temps, car voilà la nuit.

(Elle descend.)

-• ARLEQUIN, à part.

Que veut- elle dire? Je sais fortbien que je n’ai pas plus de mémoire qu’un lievre; maisje n’oublie jamais ce qu’on me donne.

ROSETTE

Eh bien ! me voilà: que veux -tu?

ARLEQUIN

Je veux mon portrait ; vous me

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