SCENE I I I
respect pour son ancien maître lui feroit trahir mon secret. D’ailleurs , je connois ton mari; aussi babillard qu’honnête homme , il n’imagine pas que l’on puisse cacher quelque chose. Tout seroit perdu s’il étoit instruit. Je te supplie donc, ma chere Argentine , par la tendre amitié que j’ai toujours eue pour toi , de me jurer ici de nouveau que, quelque chose qui puisse arriver, tu ne révéleras jamais mon secret à ton mari.
ARGENTINE
Je vous en donne ma parole, quoi qu’il m’en -coûte pour vous la donner. Ma chere maîtresse, je vous conjure de faire cesser la peine et l’inquiétude où je suis. Vous ne doutez pas de mon zele , vous connoissez ma tendresse pour vous... Passez-moi ce terme; on n’offense personne en l’aimant. Vous êtes bien certaine que je ferai toujours tout ce qui pourra vous plaire ; mais cela même vous oblige d’être prudente pour nous deux.
Je le serai , ma chere amie , et j’ai gran<$ besoin de l’être, car enfin, il faut t’avouer que je porte dans mon sein un gage de mon amour,