SCENE VII
IZÎ
Que veux-tu dire ?
Je veux dire qu'il s’occupe sans doute de vous chercher un mari.
N I s I D A, vivement.
Ah ! j'espere que non.
Cela vous feroit du chagrin.
N I S I DA, froidement.
Tout changement à mon sort ne pour- .
roit que m’être désagréable. Je suis heureuse avec mon pere, je n’aime que lui, je ne veux aimer que lui ; il ne respire que pour moi : ce sentiment suffit à mon cœur comme à ma félicité.
Ajoutez à tant de raisons la certitude de ne jamais trouver un époux digne de vous. Quand même sa fortune et son rangseroient au-dessus des vôtres, quand même il seroit le plus aimable des hommes, vous ferie? encore un mariage inégal
m LE BON PERE.
Vous me louez toujours, Cléante ; j’en suis fâchée , car j’aime à causer avec vous, et cela m’en empêche.
N É R I N E, bas a. Cléante.
Allez donc. ..Oh! le poltron! (haut.) Moi, qui ne vous loue point, mademoiselle, et qui ne vous en suis pas moins attachée, je n’approuve pas cet éloignement pour le mariage. Vous êtes faite pour vous marier ; mais je veux que ce soit avec un homme dont l’âge et les qualités vous conviennent. Monsieur votre pere est trop vieux pour le chercher, vous êtes trop jeune pour le choisir ; si vous voulez, je le trouverai , moi , je m’en charge.,
Tu es folle, Nérine.