‹ Théâtre italienChapitre 1 sur 116 · NIÈCE DE M.DE/VOLTAIRE · texte numérisé non relu

NIÈCE DE M.DE/VOLTAIRE

JVÎaD AME,

Je vous dois l’hommage de cette comédie à plus d’un titre : j en ai pris le sujet dans monsieur de Voltaire , et vous avez bien voulu m’aider de vos conseils. Pardonnez si je n’en ai pas mieux profite ; ce n’est pas faute d’en avoir senti le prix ; je sais qu’un grand homme , qui n’en recevoit que de son génie , ne les dédaignoit pas. Je me consolerai de n’avoir point de ge-

nie , tant que votre amitié m’eri tiendra lieu.

Vous savez mieux que moi , Madame , que l’on pouvoit tirer un plus grand parti de ce conte charmant , où monsieur de Voltaire a peint avec des couleurs si vraies la sottise des parvenus et la bassesse de leurs flatteurs. En admirant son tableau , j’ai senti qu’il étoit au-dessus de mes forces, et peut-être de mon âge , de le porter sur la scene; mais l’amour, l’amitié , sont de mon âge , et j’ose dire, de mon cœur : je ne me suis attaché qu’à peindre ces deux sentiments ; heureusement pour moi , votre goût a dirigé ma sensibilité.

Tout foible qu’il est , j’ose vous offrir mon premier ouvrage; il a du moins , le mérite d’avoir été

créé par cet homme immortel que je vous ai vu si souvent pleurer.

Souvenez- vous qu’il daigna m’aimer ; souvenez - vous encore que vous m’avez donné la main pour soutenir mes pas. Vous avez contracté l’obligation de toujours m’instruire , comme moi celle de toujours vous chérir. V

Je suis avec respect ,

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