LA MARQUISE, LE MARQUIS* DURVAL
LE MARQUIS
"Bon jour, ma mere. Je viens d’acheter le plus joli cabriolet du monde': s’il m’étoit resté de l’argent, j’aurois pu avoir le plus beau cheval de Paris ; mais les barbares n’ont pas voulu me faire crédit.
LA MARQUISE
Mon ami, j’ai à te parler d’affaires sérieuses.
LE MARQUIS, riant.
Vous m’effrayez , ma mere.
LA MARQUISE
Serois-tu bien aise d’être colonel ?
LE MARQUIS
Colonel ! Ce seroit le bonheur de ma vie. J’aurois tant de plaisir à rejoindre mon régiment! le manège, les manœuvres, tout cela doit-être charmant. On passe l’été dans une ville de guerre; l’hiver, on revient à Paris jouir des plaisirs delà capitale: on a l’air de se reposer; et l’on s’est toujours diverti.
LA MARQUISE
Eh bien ! tu connois la comtesse d’Qrville; j’ai arrêté ton mariage avec elle. ( Le marquis rêve. ) Elle se charge de t’avoir une compagnie de dragons dès aujourd’hui, et la promesse d’un régiment aussitôt que tu auras l’âge. Voilà nos conditions; j’ai répondu de ton aveu.