‹ Théâtre italienChapitre 21 sur 116 · LE MARQUIS, COLIN, COLETTE · texte numérisé non relu

LE MARQUIS, COLIN, COLETTE

( II se fait un moment de silence . )

LE MARQUIS , très embarrassé.

Ma mere avoir oublié ce matin de s’informer de votre demeure : j’en ai été bien fâché.

COLIN, V examinant.

Puisque nous savions la vôtre, vous étiez bien sûr de nous voir-

L E MARQUIS

Ah ! je vous vois trop tard- COLETTE.

Plût au ciel ne l’avoir jamais vu!

( Il se fait encore un silence. )

Vous ne reconnoissez pas ma sœur.

LE MARQUIS

Je suis le plus malheureux des hommes; je dépends de ma mere , ma fortune est son ouvrage: je lui dois tout, je lui dois mime le sacrifice de mon bonheur. Ne me haïssez pas. ...Ne me méprisez pas... Si vous saviez. . .

COLIN

Vous me faites pitié: croyez-moi, terminons un entretien pénible pour tous ï vous craignez de nous reconnoître, et nous ne vous reconnoissons plus Adieu.

( Ils s'en vont.)

LE MARQUIS

Arrêtez, je vous supplie,

COLETTE, retenant Colin.

Mon frere , il veut vous parler.

LE MARQUIS

Avez pitié de moi. Colette ; ne m’accablez pas de votre mépris. Oui; je sens bien que je l’ai mérité : la fortune l’ambition m’ont aveuglé, J’ai manqué à l’amour ; à l’amitié; j’ai désiré de vous oublier, j’ai voulu vous arracher de mon cœur: je le sais, je sais que je n’ai point d’excuse. Mais je me suis vu dans un

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