ACTE Tî, SCENE IV
LE MARQUIS
Colette, mon ami, je suis encore digne de vous; je le sens aux1 transports de mon cœur. Ah ! le don d’aimer est un présent que le ciel ne fait qu’une fois. J'ai si souvent regretté les jours tranquilles que nous passions ensemble! j’ai si bien éprouvé que le bonheur n’esc que dans l’amour et dans l’obscurité !
Mon ami , il ne tient qu’à toi d’en jouir encore. Reviens chez nous, tu trouveras assez de malheureux pour bien placer tes richesses; tu feras du bien; nous t’aimerons : ce sera jouir à la fois du bonheur des pauvres et des riches.
LE MARQUIS
Plût au ciel que ma mere t’entendîc avec l’émotion que tu me causes! Mais ma mere n’est occupée que d’ambition :
elle est bien malheureuse; elle ne songe jamais à ce quelle a, et toujours à ce qu’ont les autres. J'espere cependant la fléchir; je lui montrerai cette promesse de mariage que nous prenions plaisir à renouveller tous les jours. Vous devez l’avoir , Colette.