ACTE II, SCENE VIL
prix de tout ce que j’ai fait ! Je n’ai vécu que pour toi, j’ai tout sacrifié pour toi; et au moment où ta fortune alloit me payer de tant de sacrifices , tu veux m’avilir > te dégrader, manquer à ta parole , à celle que j’ai donnée à madame d’Qrville.
Eh! ma mere, dois -je la tromper?
Dois -je l’épouser quand j’en aime une autre? Elle va venir, je veux la prendre pour juge ; je veux lui déclarer ma passion pour Colette.
L A MARQUISE
Cruel enfant ! voici le premier chagrin que tu me donnes ; il est violent : tu aurois dû y accoutumer mon cœur. Écoute-moi, daigne écouter ta mere; elle a peut-être le droit de te c upplier. Je te demande , je te conjure de ne parler de rien à madame d’Orvilie; je t’accorderai du temps pour te décider à l’épouser : mais ne va pas éloigner de moi la plus chere et la plus tendre des amies. Mon fils, j’attends cette bonté de toi. (à part.) Si j’étois assez heureuse pour quelle ne vînt pas. ..