‹ Théâtre italienChapitre 4 sur 116 · COLIN, COLETTE · texte numérisé non relu

COLIN, COLETTE

COLETTE

Comme tout ceci est magnifique ! Jean* not ne nous reconnoîtra plus \ il est devenu trop riche pour se souvenir de ceux qui l’ont vu pauvre.

Il seroit donc bien changé , ma sœur : il étoit si bon , si sensible , lorsque nous habitions ensemble notre petite ville ! A peine y a-t-il un an qu’il nous a quittés ; il faut plus d’un an pour corrompre un cœur honnête.

COLETTE

L'amour auroit dû préserver le sien :

mais il ne m'aime plus , j’en suis sûre. Te souviens-tu de la maniéré dont il me quitta j lorsque sa mere l'envoya chercher en Auvergne? Comme il fut enivré

ACTE I, SCENE II. 9 de sa nouvelle fortune, et d’entendre ses domestiques l’appeller monsieur le marquis! Il nous dit adieu presque sans pleurer ; monta dans sa brillante voiture sans retourner la tête vers moi, que tu soutenois à peine , et dont les yeux le suivirent même quand je ne le vis plus.

Mon frere, il a oublié la malheureuse Colette; il ne pense plus aux serments que nous nous sommes faits de n’être jamais que l’un à l’autre; serment qu’il a écrit, que je conserve , et que je lui rendrai : ces écritures-là perdent tout leur prix quand on ne les lit plus ensemble.

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