PHANOR, ZELIE, SUITE DE PHANOR
PHANOR a sa suite.
Eloignez-vous.
( a Zélie. )
Ecoutez-moi , Zélie.
Vousvoici dans des lieux soumis à mon pouvoir; Vous devez pour jamais renoncer à Pespoir De vivre dans votre patrie Avec l’indigne objet qui vous tint sous sa loi.
Vous êtes sous ma dépendance ; Dansl’univers entier , il n’est point de puissance Qui tentât seulement de vous ravir à moi.
C’est à vous de juger s’il vous est nécessaire D’appaiser un maître en courroux ,
De lui faire oublier l’amour d’un téméraire ,
Et l’affront qu’il reçut eti soupirant pour vous. Il est un seul moyen d’obtenir votre grâce; Vous pouvez me fléchir.
LE BAISER
Que faut-ii que je fasse ? P M A N O R.
Phanor cherche à vous pardonner;
Il veut finir votre esclavage.
Oui , malgré vos mépris , et malgré votre outragé , Je' sens que vous devez régner Sur ce cœur qui vous aime' encore ;
J’en rougis , mais je vous adore :
Partagez mon amour , approuvez mon ardeur , Et des ces lieux vous êtes reine ;
M'es sujets, mon pouvoir, mes états , ma grandeur, Tout est à votis; et de ma souveraine Rien ne pourra jamais altérer le bonheur.
Mais si, par un refus qne je crois impossible Vous osez repousser mes bienfaits et mon cœur , Vous voyez cette tour , affreuse , inaccessible , Cete tour où j amais l’astre du jour n’a lui Elle deviendroit aujourd’hui Votre edoutable demeure.
Là, sans secours et sans appui,
Vous déploreriez à toute heure Votre imprudence et votre amour.
Vous entendez l’arrêt que ma bouche prononce; Vq\is choisirez , et me rendrez réponse.
[ II veut s'en aller , Zfilie l'arrête, 3