ACTE 1 1 1, SCÈy E I V
Mon rival ne peut plaire à 1 objet qu'il adore, Lu sentiment jaloux ne me peut alarmer : C est beaucoup; mais que dis-je? ah ! ce n'est rien encore: Vous savez bien haïr, mais pourriez-vous aimer?
D APHKÉ.
J'ai souffert votre amour, répondez-vous vous-même.
LECCIPPE.
O dieux ! qu'ai-je entendu? quelle gloire suprême ! Quel bonheur I Doux transports qui venez me saisir. Exprimez , s'il se peut , ma joie et mon plaisir.
Et votre juste violence.
Princesse, après l'aveu qui vient de me charmer,
Je ne sais rien poiu: m'exprimer,
Que le langage du silcucc.
DAPHSÉ et LEUCIPPE ensemble.
O bienheureux soupirs , favorables moments Où l'un et l'autre cœur, plein de doux sentiments , Aime , et le dit , et se fait croire ! Les dieux , dans leurs ravissements , Les dieux, au milieu de leur gloire.
Sont moins dieux quelquefois que ne sont les amants.
Je bénis mon destin , et cependant Pénëe Favorise mon ri\ al.
Quand il auroit pour lui le dieu même Hymcnéc . Ce n'est pas son bonlicur qui feia votre mal.
Et mon bien ?
D APHXÉ.
Attendez la réponse d'Ismèle :
Peut-être elle sera favorable à nos vœux
2o4 DAPHNÉ.
Allez ; il reviendra quelque moment heureux; Daphné craint qu'on ne trouve un amant avec elle.