ACTE V, SCÈNE VI
De quoi parle en ce séjour La savante Philomèle ?
Et de quoi parleroit-elle , Que d'amour ?
PHYLLIS et D APHS IS , ens-îmile.
Faisons aussi notre cour Au printemps vêtu de roses ; Ayons , comme toutes choses , De l'amour.
(Un poëte satiriq^ue vient brusquement ks interrompre , et dit : )
Aimez , mais permettez que je parle à mon tour.
Comment faire
Pour se taire?
Le monde est plein de sots , de l'un à l'autre bout ; Le passé , le présent , et l'avenir sur-tout.
Comment faire
Pour se taire ?
c H CE r R.
Comment faire
Pour se taire ?
TH ALIE
Ridicules , envoyez-nous Les principaux d'entre vous.
(Cinq Ridicules entrent sur la scène. C'est une coquutte emportée , une précieuse , un méchant poète , un homme affectant le bel air , et un vieillard amoureux. )
226 DAPHNÉ
( Le méchant poëte, chargé des intérêts de la troupe, dit ces paroles :)
Quoi ! dans ces lieux sacre's on souffre la satire !
Soyez les premiers à rire.
( Les Ridicules se consolent, et font une entrée , dansant tous sur les mêmes pas, et garvlant toutefois, autant qu ils peuvent, leur caractère. )
( Mercure , monté sur Pégase , descend au sacré vallon. Il interrompt la daîise des Ridicules , et vient présenter trois couronnes de laurier à ces trois genres de poésie. )
MEnCUHE.
Chacun de vous doit être couronne' ; Recevez ces présents de la part de Daphne. Elle est maintenant déesse , Aimant le dieu de ces lieux :
Poussez-en jusfjues aux cieux Des chants remphs d'allégresse.
(Mercure revole au ciel , ayant laissé Pégase sur le double mont. Quatre auteurs lyriques et autant de muses du même genre viennent danser en témoignage de joie; ptiis les Ridicules se mêlent avec eux, formant différentes ligures avec des branches de laurier qu'ils portent tous , et dont ils se font des espèces de berceaux. C'est le grand ballet.)