JOSSELIN, BERTRAND, THIBAUT
IOSSELI5.
Qui est-ce donc qui crie de la sorte?
BERTEAîfD.
11 faut que ce soit quelque passant qui s'est e'garé. . . . Hais le vlà.
THIBAUT
Eh ! parlez donc , vous autres , êtes-vous muets ?
JOSSELIS.
Non.
Vous êtes donc sourds .'
JOSSEIIS.
Encore moins.
THIBAUT
Et pourquoi donc ne répondez- vous pas ?
JOSSELI5.
Parce qu'il ne nous plaît pas.
THIBAUT
Palsangué ! vous êtes trop drôles ! Puisque voui n'êtes ni sourds ni muets, il faut que je vous embrasse; oui, morgue ! je sis votre sarviteur.
JOSSELIS.
Est-ce que nous nous conDoissons ?
7 HIB AUT.
Je ne sab pas; mais je crois que nous ne nous sommet jamais vus.
J0SSEL15.
C'est ce qui me semble.
24o LA COUPE EyCHAKTÉE.
THIBAUT
Palsangué 1 vous v'ià bian étonnés !
Et qui ne le seroit pas ? nous ne nous connoissons point, et vous m'embrassez comme si nous nous étions vus toute notre vie.
Testi9;ué ! vous avez bieau dire , je vois à votre mine que vous êtes un bon vivant , et que vous m'enseignerez ce que je cliarclie.
JOSSELIS.
Et que cherchez-vous ?
THIBAUT
Je charche ma femme ; ne l'avez-vous point vue ?
JOSSELIN
Ah I vraiment oui, c'est bien ici qu'il faut chercher des femmes I
THIBAUT
Elle a nom Parrette. Elle s'en est enfuie de cheuz nous, palsangué I cela est bian drôle , pour courir les champs aveucque la fille de M. Tobie notre maître , que Ion vouloit marier maugré elle au fils de M. Griffon , neveu de notre maîtresse. Je ne sais , morgue '. comme les masques ont fagotté tout ça ; mais la nuit Parrette se couchit auprès de moi , et puis je ne l'y trouvis plus le lendemain : avezvous jamais rian >u c!,c pus plaisant que ça !
JOSSELIH.
Cela est fort plaisant.
THIBAUT
oh I ce qu'il y a de plus récréatif, c'est qu'elles sont toutes fines seules ; et comme elles sont , morguoi I bian joli«s, si elles allojent rencontrer queuque gaillard qui
roulât en faire comme des choux de son jardin , elles seroient bian attrapées ! Tout franc , quand je songe à cela , je n'en ris , morguoi ! que du bout des dents< j o s s E L I >'.
Que craignez-vous ?
THIBAUT
Je crains et que sais-je , moi ? je crains Est-e<*
que vous ne savez pas ce qu on craint quand on ne sail où diable est sa femme ?
I0SSEII5.
Si vous aviez envie de savoir ce qui en est, on pourroit vous donner satisfaction.
THIBAUT
Bon ! est-ce qu'on sait jamais ça ? Pour s'en douter , passe ; mais pour en être sûr, nLQe. J'aurois , morgue ! bieau le demander à Parrette, aile ne l'avoueroit jamais f aile est trop dessalée.
JOSSEtlîT.
Nous avons ici un moyen sûr pour en savoir la vérité.
THIBAUT
Et qu'est-ce encore ?
JOSSEtlS.
C'est une coupe qui est entre les mains du seigneur de ce château : quand elle est pleine de vin , si la femme de celui qui j boit lui est fidèle, il n'en perd pas une goutte^ mais si elle est infidèle , tout le vin rép acd h terre.
THIBAUT
Cela est Louflbn ! Et où diaijle a t-il pêche cela ?
Il l'a acheté d'un arabe c[ui , soit par composition 09 par enchantement, y avoit attaché cette vertu.
La Foauiae. Xbcîire. 2.1
5^2 LA COUPE E?f CHANTÉ E.
THIBAnx.
Et pourquoi ce moasieur acljeta-i.-il ce joyau-là?
Par curiosité.
THIBAUT
Est-ce (ju il ëtoit marie ?
J0SSELI5.
THIBAUT
J entends , j'enteads ; il vouloit voir si sa femme.... n'eàt-ce pas?
JOSSELIN
Justement.
THIBAUT
D'abord qu il eut li coupe il y but. Je gage?
JOSSELI^.
Vous l'avez dit.
THIBAUT
EUe répandit?
lOSSELITT.
JSon.
Non?
Non.
Morgue ! c'est Ctre biau plui iieureui que sage ! Il s'en tint là ?
JOSSELiy.
Non.
Il y rcLut?
XriBACT-
JOSSELI5.
Oui.