‹ ThéâtreChapitre 124 sur 220 · JOSSELIN, BERTRAND, THIBAUT · texte numérisé non relu

JOSSELIN, BERTRAND, THIBAUT

IOSSELI5.

Qui est-ce donc qui crie de la sorte?

BERTEAîfD.

11 faut que ce soit quelque passant qui s'est e'garé. . . . Hais le vlà.

THIBAUT

Eh ! parlez donc , vous autres , êtes-vous muets ?

JOSSELIS.

Non.

Vous êtes donc sourds .'

JOSSEIIS.

Encore moins.

THIBAUT

Et pourquoi donc ne répondez- vous pas ?

JOSSELI5.

Parce qu'il ne nous plaît pas.

THIBAUT

Palsangué ! vous êtes trop drôles ! Puisque voui n'êtes ni sourds ni muets, il faut que je vous embrasse; oui, morgue ! je sis votre sarviteur.

JOSSELIS.

Est-ce que nous nous conDoissons ?

7 HIB AUT.

Je ne sab pas; mais je crois que nous ne nous sommet jamais vus.

J0SSEL15.

C'est ce qui me semble.

24o LA COUPE EyCHAKTÉE.

THIBAUT

Palsangué 1 vous v'ià bian étonnés !

Et qui ne le seroit pas ? nous ne nous connoissons point, et vous m'embrassez comme si nous nous étions vus toute notre vie.

Testi9;ué ! vous avez bieau dire , je vois à votre mine que vous êtes un bon vivant , et que vous m'enseignerez ce que je cliarclie.

JOSSELIS.

Et que cherchez-vous ?

THIBAUT

Je charche ma femme ; ne l'avez-vous point vue ?

JOSSELIN

Ah I vraiment oui, c'est bien ici qu'il faut chercher des femmes I

THIBAUT

Elle a nom Parrette. Elle s'en est enfuie de cheuz nous, palsangué I cela est bian drôle , pour courir les champs aveucque la fille de M. Tobie notre maître , que Ion vouloit marier maugré elle au fils de M. Griffon , neveu de notre maîtresse. Je ne sais , morgue '. comme les masques ont fagotté tout ça ; mais la nuit Parrette se couchit auprès de moi , et puis je ne l'y trouvis plus le lendemain : avezvous jamais rian >u c!,c pus plaisant que ça !

JOSSELIH.

Cela est fort plaisant.

THIBAUT

oh I ce qu'il y a de plus récréatif, c'est qu'elles sont toutes fines seules ; et comme elles sont , morguoi I bian joli«s, si elles allojent rencontrer queuque gaillard qui

roulât en faire comme des choux de son jardin , elles seroient bian attrapées ! Tout franc , quand je songe à cela , je n'en ris , morguoi ! que du bout des dents< j o s s E L I >'.

Que craignez-vous ?

THIBAUT

Je crains et que sais-je , moi ? je crains Est-e<*

que vous ne savez pas ce qu on craint quand on ne sail où diable est sa femme ?

I0SSEII5.

Si vous aviez envie de savoir ce qui en est, on pourroit vous donner satisfaction.

THIBAUT

Bon ! est-ce qu'on sait jamais ça ? Pour s'en douter , passe ; mais pour en être sûr, nLQe. J'aurois , morgue ! bieau le demander à Parrette, aile ne l'avoueroit jamais f aile est trop dessalée.

JOSSEtlîT.

Nous avons ici un moyen sûr pour en savoir la vérité.

THIBAUT

Et qu'est-ce encore ?

JOSSEtlS.

C'est une coupe qui est entre les mains du seigneur de ce château : quand elle est pleine de vin , si la femme de celui qui j boit lui est fidèle, il n'en perd pas une goutte^ mais si elle est infidèle , tout le vin rép acd h terre.

THIBAUT

Cela est Louflbn ! Et où diaijle a t-il pêche cela ?

Il l'a acheté d'un arabe c[ui , soit par composition 09 par enchantement, y avoit attaché cette vertu.

La Foauiae. Xbcîire. 2.1

5^2 LA COUPE E?f CHANTÉ E.

THIBAnx.

Et pourquoi ce moasieur acljeta-i.-il ce joyau-là?

Par curiosité.

THIBAUT

Est-ce (ju il ëtoit marie ?

J0SSELI5.

THIBAUT

J entends , j'enteads ; il vouloit voir si sa femme.... n'eàt-ce pas?

JOSSELIN

Justement.

THIBAUT

D'abord qu il eut li coupe il y but. Je gage?

JOSSELI^.

Vous l'avez dit.

THIBAUT

EUe répandit?

lOSSELITT.

JSon.

Non?

Non.

Morgue ! c'est Ctre biau plui iieureui que sage ! Il s'en tint là ?

JOSSELiy.

Non.

Il y rcLut?

XriBACT-

JOSSELI5.

Oui.

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