GALATÉE, CELADON, LÉONIDE
G AL ATÉE.
CélADOS, contemplez nos jardins et nos bois; Qui ne cioiroit que Flore y tienne son empire !
De CCS oiseaux qu'amour inspire
Écoutez les cliarmantcs voix.
A charmer vos ennuis en ces lieux tout conspire : Cepcndaut c'est en vain que tout vous fait la cour.
Nos soins , nos vœux , ce beau séjour,
N'ont point dagrémeot qui vous flatte.
Galatée a sujet de se plaiudi'e de vous : Faut-il que sans eiTet sa présence combatte Cette tristesse ingrate Que vous osez conserver parmi nous ?
CE LAD os.
Princesse , ma douleur n'est pas en ma puissance : Je sors, vous le savez, du plus affreux danger; Puis-je mempêcber d'y songer?
GALATÉE
Songez plutôt h ma présence ;
C'est la seule reconnoissance
A quoi je veux vous engager.
Vous soupirez, vous vous plaignez sans cesse :
Si c'est d'une ingrate maîtresse , Changez : vous pouvez faire un rhoix rempli d appas. AsoufRir tant de maux quel cœur peut vous contraindre?
Helas ! le mien ne comprend pas
Que vous deviez jamais vous plaindre- Mais , quelle est cette Astrée ? et depuis quand ses coups
Tiennent-ils votre ame asser\ie?
Votre esclavage étoit-il doux?
CÉLADON
Belle princesse , comme h vous , Helas I je suis bien loin de lui devoir la vie.
GALATÉE
Du Llgnon en fureur dans ce fatal moment Contez-moi l'accident funeste.
CÉLADON
J 'y tombai , vous savez le reste ; Je ne vciax vous parler que de vous seulement.