ACTE TROISIÈME
( Le théâtre représente la fontaine de la Vérité d'Amour, dans une forêt agiéable.)
SCErs'E I.
ASTRÉE, seule.
II.NF15 me voilà seule, et j'ai trompé Phyllis. Venez , monstres cruels : ce n'est pas fpie j'espère
Que ma beauté foible et légère Donne atteinte h des sorts par l'enfer établis ; Je ne veux que mourir.
Céladon! tu m'appelles.
Si parmi les choses mortelles Quelqu'une peut encor t'attaclier ici-bas , Plains la bergère qui t'adore ; Ce n'est plus pour moi que l'aurore Reparoîtra dans nos climats.
Chère ombre , je te suis. Adieu , rives cruelles ; Adieu , soleil ; adieu , mes compagnes fidf les : N'aimez point, ou tâcliez de hai.nir de l'amour Les soupçons, les dépits, les injustes querelles ; Celui que je regrette en a perdu le jour.
3o8 ASTKÉE.
Je ne vous fuis que poui- ie suivre ; A ce devoir il ne fiui recourir :
Si je vous ai promis de vivre , Aux mânes d'un aniaut j'ai promis du mourir.
C'est troo tarder , ombre cliérie :
Viens voir mon crime s'expier ; Aide mon cœur à de'fier Ces animaux pleins de furie.
Mais d'où vient que je perds l'usa.^e de mes sens ?
La mort sur mes yeux lan^issants
Étend un voile plein de rliarmes.
Avec quelle douceur je termine mes jours ! Quel plaisir de ce'der à de telles alarmes ,
Pour se rejoindre à ses amours !