‹ ThéâtreChapitre 167 sur 220 · ASTRÉE, CÉLADON · texte numérisé non relu

ASTRÉE, CÉLADON

ASTRÉE

Qui me ramène au jour ? et d'où vient que je voi

L onibre de CclaJon se prt'senter h ru'ù ?

Mes yeux me trompent-ils? Son ombre.' C'est lui-môme.

Quoi ! je reverrois ce que j'.iime I

Ht'las ! il est sans mouvement Vains et trompeurs dénions , rendez-moi mon amant. 11 ouvre enfin les yeux! il reprend tous ses .channcs !

L'ai-je ranimé par mes larmes ?

CÉL ADOK.

Où suis-je? Le soleil étlaire-t-il les morts?

Quoi ! je revois les mêmes bords Où ma divinité m'interdit sa présence !

C'est elle-même que je voi.

ASTRÉE

Ah I ne rappelez point une injuste défense ; Mes pleurs ont lave' cette oiTense ; Deviez- vous suivre cette loi ?

CÉLADON

Quoi ! vous m'avez pleine ! Ces larmes précieuses Amoieut arrosé mon tombeau !

Divinités , de mou sort envieuses , Avez-vous uu destin si beau ?

Les yeux de la divine Astrée M'ont vengé de voUe courroux :

■Vous ignorez les plaisirs les plus doux : Desceudcz en mie contrée

Où de semblables jeux puissent pleurer pour vous.

ASTIIEE.

?> 'irritez point les dieux, et craiernez leur puissance; Vos transports les pourroient conti'e nous animer. J'ai de vos feux assez de connoissance ;

Vous m'aimez trop

Peut-on vous trop aimer ?

Asthée.

Que je vous ai causé d'alarmes î Ai-je trop pu les payer par mes larmes ? Ah ! que nous bénirons nos fers , Si l'Amour mesure ses charmes Sur les tourments qu'on a soufferts !

ASTRÉE, CÉLADOS, ensemble."

O doux souvenir de nos peines !

O nœuds par qui l'Amour recommence k former

L'espoir le plus cher de nos chaînes , Redoublez les plaisirs qui viennent nous charmer !

O doux souvenir de nos peines !

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