ASTRÉE, CÉLADON
ASTRÉE
Qui me ramène au jour ? et d'où vient que je voi
L onibre de CclaJon se prt'senter h ru'ù ?
Mes yeux me trompent-ils? Son ombre.' C'est lui-môme.
Quoi ! je reverrois ce que j'.iime I
Ht'las ! il est sans mouvement Vains et trompeurs dénions , rendez-moi mon amant. 11 ouvre enfin les yeux! il reprend tous ses .channcs !
L'ai-je ranimé par mes larmes ?
CÉL ADOK.
Où suis-je? Le soleil étlaire-t-il les morts?
Quoi ! je revois les mêmes bords Où ma divinité m'interdit sa présence !
C'est elle-même que je voi.
ASTRÉE
Ah I ne rappelez point une injuste défense ; Mes pleurs ont lave' cette oiTense ; Deviez- vous suivre cette loi ?
CÉLADON
Quoi ! vous m'avez pleine ! Ces larmes précieuses Amoieut arrosé mon tombeau !
Divinités , de mou sort envieuses , Avez-vous uu destin si beau ?
Les yeux de la divine Astrée M'ont vengé de voUe courroux :
■Vous ignorez les plaisirs les plus doux : Desceudcz en mie contrée
Où de semblables jeux puissent pleurer pour vous.
ASTIIEE.
?> 'irritez point les dieux, et craiernez leur puissance; Vos transports les pourroient conti'e nous animer. J'ai de vos feux assez de connoissance ;
Vous m'aimez trop
Peut-on vous trop aimer ?
Asthée.
Que je vous ai causé d'alarmes î Ai-je trop pu les payer par mes larmes ? Ah ! que nous bénirons nos fers , Si l'Amour mesure ses charmes Sur les tourments qu'on a soufferts !
ASTRÉE, CÉLADOS, ensemble."
O doux souvenir de nos peines !
O nœuds par qui l'Amour recommence k former
L'espoir le plus cher de nos chaînes , Redoublez les plaisirs qui viennent nous charmer !
O doux souvenir de nos peines !