GALATÉE, ACIS, CLYMÈNE, TIMANDRE
G AL AT£E
Fuyez , Acis , fiivez ; je frémis quaad je pense Au sort dont un tyran m.enace nos amours.
AcIS.
Est-il d'autre danger potu moi que votre absence ? Laissez-là le soin de mes jours.
GALATEE.
Qui le prendra que celle qui vous aime ? Encor si je p^uvois vous suivre chez les morts ! Mais vous irez sans moi trouver lu Parque bli'me : Elle rira de mes efforts.
ACIS
Zéphyrs, portez aux dieux ces paroles charmantes. Citoyens de l'Olympe, avez-vous des amantes.
En avez-vous qui dW mot seulement Puissent de Jupiter faire ainsi la fortime?
356 GALA TÉ E
Allez , votre ambrosie est chose trop commune;
Je ne la daignerois souliaiter un moment.
Après cette gloire suprême , Si je ne meurs de plaisir et d'amour,
Je mérite que Polyphéme
A son rival ôte le jour,
Aux yeux de sa maîtresse même.
G ALATÉE.
Berger, vous prodiguez mon bien ; Votre vie est à moi : cherchez quelque retraite
Qui de nos feux ne dise rien ,
Quelque grotte sourde et muette :
Galatée, Hymen et l'Amour
S'y rendront sur la fin du jour
Par la route la plus secrette.
Cependant je prierai le sort
Qu'il vous accorde l'ambrosie.
r<e la me'prisez plus si fort ; Elle vous ôtera la crainte de la mort ,
Sans qu il vous en coûte la vie.
J'ai découvert à mon père nos feux :
Il y cousent; il veut ce que je veux.
Le voilà qui sort de son onde.
Peut-être à nos désirs a-t-il déjà pourvu ,
Et déjà du Soit obtenu
Ce qu 0 refuse à tout le monde.
Mais que ne fait-oo point pour les filles des dieux? Cependant gardez-vous d approcher ce rivage ; Allez. Et vous , ïimandre , arrachez-le à ces Ueux : Si vous m'aimez, s'il m'aime, arrêtez son courage. Je vous confie Acis , conservez-moi ce gage ;
Je n'ai rien de plus précieux.