PHŒNIX
Dois-JE croire, seigneur, qu'Ulysse ait vainement
Essayé d'adoucir votre ressentiment?
On dit plus : vous partez, votre flotte nous quitte.
Les Grecs n'ont , après tout , rien fait qui le mérite.
Mais vos amis, mais moi ; car Pliœnix en ceci
Prétend avoir à part ses intérêts aussi.
Je vous ai dans mes bras porté dès votre enfance.
Quand vous eûtes passé ce temps plein d'innocence,
Une jeunesse ardente exigeoit d'autres soins ;
Je les pris avec fruit : vos faits en sont témoins.
Le succès de ces soins devoit , en récompense ,
Donner à mes conseils chez vous plus de créance ;
C'est le prix que j tn veux. Peut-être vous croyez
Par quelque amour pour moi me les avoir payés.
Il est vrai , vous m'aimiez pendant votre jeune âge :
Aujoru^d'hiii j'en dcuiande un nouveau témoignage.
Ceux que vous m'en donniez, quand d'un air gracieux,
Enfant , vous ne tourniez que sur moi seul vos yeux ;
Ceux que j'en recevois , lorsque ^ otre jeunesse ,
En ne me cachant rien, me combloit d'allégresse,
Ne me salliseut pas aujoiu"d'hui que je voi
Ue ce fatal coiuroux les Grecs se prendre à moi :