J2 LE FLORENTIN
Il m'aime, et m'aimera , tant qu'il verra mon ame Libre , et dans un état à répondre à sa flamme. Harpagême le liait ; sa vie est eu danger. Peut-être, qviand l'l:ympn aura su m'engager, Qu'étouffant un amour que l'espoir a fait naître, 11 n'y songera plus ; je l'oublierai , peut-être : J'y ferai mes efforts, du moins. Pour commencer D'ôter de mon esprit Timante et l'en chasser, Au cousin que j'attends je vais ouvrir mon ame, Implorer ses conseils , pour éteindre ma flamme ; Et, si je ne profite enfin de sa leçon , Je parlerai du moins de ce pauvre garçon.
MAniNETTE.
D'accord ; mais ce cousin n'est autre qu'Harpagêroe , Je vous en avertis.
HORTENSE
Que dis-tu ? Lui ?
MAnIHETTE.
Lui-même.
Poussé par un esprit curieux et jaloux , Sachant que ce cousin n'est point connu de vous , Sous un déguisement et de voix et de mine, Vous donnant des conseils de cousin h cousine, Il prétend vous tirer de vos égarements , Et , par même moyen , savoir vos sentiments. Pour punir ce bourru , c'est à vous de vous taire , Ëi de dissimuler le commerce. . . .
HORTENSE
Au contraire :
Pour punir dignement sa curiosité, Je lui vais de bon cœur dire la vérité.
COMÉDIE. l53
Puisqu'il ose en venir à cette extravagance, Je vais lui découvrii-, sans uulle re'pugnance, Tout ce que sent mon cœur, et réduire le sien A fuir de mon liymen le dangereux lien. Bien mieux qu'il ne souhaite il s'en va me connoltre : Je m'en ferai haïr par cet aveu, peut-être ; Ou , sachant de quel air je 1 estime aujourd hui , S il veut bien m épouser encor, tant pis pour lui.
MARINETTE
Il entre Ah ! que sa barlie est rebarbarative I
11 se repentira de cette tentative.