PROLOGUE
( Le théâtre sourre , et laisse voir dans le fond et aux deux côtés une suite de nuages à dix pieds de terre , et dans ces nuages les palais des dieux. Les dieux y paroissent assis et dormants. Au-dessous de ces nnages, la terre est représentée telle qu'elle étoit incontinent après le déluge , avec les débris qu'il j a laissés. Pendant que la plupart des dieux dorment , Jupiter descend de sa machine , accompagné de Momus. Vénus, l'Amour et Minerve descendent aussi de la leur. )
V ces , qui voujez qu'à la fureur de l'onde Jupiter mette un frein , et repeuple ces lieux , V^ous vous lassez trop tôt d'être seuls dans le monde ; INIille vœux vont troubler cette paix si profonde Dont la terre à présent laisse jouir les cieux.
VÉNUS
Charmante oisiveté , repos dclirieux !
Ou plutôt, repos ennuyeux!
Quoi ! le sommeil pounoit aux déesses déplaire ? Ne point soufl'rir, ?ic point niouiir.
17a DAPHNE.
Et ne rien faire , Que peut-on souhaiter de mieux !
Ce qui fait le bonheiu' des dieux , C'est de n'avoir aucune affaire ,
Re point souff'rir,
Ne point mourir,
Et ne rien faire.