PROLOGUE
et d'autre , et au fond aussi , et laissent voir de toutes parts une boutique de sculpteur, avec force outils et morceaux de toutes matières , et des statues d hommes et de femmes debout sur des cubes. )
M o M tr s.
Sont-ce là des humains ? Quelle race immobile ! J'aimois mieux la première, encor que moins tranquille.
PnOMÉTHÉE.
Vous ne les connoissez pas.
MO M us.
Fais-leur faire quelques pas.
PROMÉTHÉE
Descendez.
( Les statues descendent, et viennent à pas lents et £;raves faire une entrée , dansant presque sans mouvement, et dune façon composée, comme feroieut des sages et des philosophes. )
Quelles gens ! Ce n'est qu'une machine.
PnOMÉTHÉE.
C'est l'idole d'un sage.
LES DIEIJX.
Hé quoi ! la passion Jamais chez eux ne domine ?
pnOMETHÉE.
Leur cœur en est tout plein ; ce n'est qu'ambition , Colère, di'sespoir, crainte ou joie excessive.
Machine , on veut voir vos ressorts ;
Quittez tous ces trompeurs dehor-.
1^4 DAPHNÉ
(Les nouveaux hommes, qui paroissoient de véiitabJes statues , quittent une partie de l'habit qui les enveloppe , et se font voir tels qu'ils sont dans 1 intérieur; l'un représentant l'ambition; l'autre la colère, la crainte, le désespoir, la joie excessive , etc. En cet état ils dansent en conliisicn , et d'une manière aussi impétueuse et aussi vive , que l'autre étoit grave et peu animée. )
MOMUS, considérant les divers ressorts de cette macliiiic . dit ces paroles :
Je la trouvois trop lente , et la voilà trop vive.
Laissez-moi régler ces transports.
Mon fils, par de secrettes causes, Peut , cucor mieux que vous , les calmer à son tour : Piieu n'a d empire sur l'Amour, L'Amour en a siu: toutes choses.
Le plus magnifique don Qu'aux mortels on puisse faire, C'est l'amour.