ACTE II, SCÈNE V. IQl
Qu'il ait chaque année De nombreux troupeaux , Et chaque journée Des plaisirs nouveaux.
Hymen ! Hyménée !
(Daphné présente au sacrificateur l'épousée, et un des fleuves le marié. Le sacrificateur prend leurs mains , et dit ces paroles : )
Amants , je vous unis ; vivez sous mêmes noeuds .
CHŒUR
Parmi les plaisirs et les jeux.
M O M C s , à quelques HHes de la noce.
Pour un pareil lien formez-vous point des vœux ?
Songez-y bien , bergères :
Hyménée est un dieu jeune, charmant et blond ; Mais les jours avec lui ne se ressemblent guères ; Le premier est amour, amitié le second. Le troisième froideur : songez-y bien , bergères.
MÉnOÉ, Interrompant TéUmoa.
Vraiment , Telamon , La leçon Est joUe.
Changez de place, Iris : venez ici, Celie :
Pholoé , ne l'écoutez plus.
J'en suis d'avb ! mes soins Reviendront superflus ; Télamon corrompra cette troupe innocente. MO MU s.
Que vous êtes reprenante , Gouvernante !
198 DAPHNÉ
Laissez-nous causer en paix :
Laissez la jeunesse rire;
Elle inspire Toujours d'innocents secrets.
Je crois que vous êtes sage ;
A votre âge On le doit être , ou jamais.
Vingt ou trente ans de veuvage ,
C'est dommage , Ont refroidi vos attraits.
Ah ! si selon vos souhaits Vous redeveniez aurore , Vous vous ser\'iiiez encore
De vos Uaits.
MÉnoÉ.
Me faudra-t-il aussi soufTrir la raillerie ?
PESÉE, à Mrroc et à Telamon.
Laissez-nous achever cette cérémouie.
LE SACRlFICATEtTR.
Hymen, Amotir, joignez vos nœuds, Et rendez ces amants heureux.
(Les gens de la noce dansent ^ et pendant qu ils se reposent on chante ces deux autres couplets de l'épithalame : )
Des pas de Florise Loin , bien loin les loups ; Et de ceux d'Amphrise Les soupçons jaloux.
Que leur destinée ^'ait rien que de dons , Et que la lignt'e