‹ ThéâtreChapitre 109 sur 213 · BAJAZET, ROXANE · texte numérisé non relu

BAJAZET, ROXANE

ROXANE

PRINCE, l'heure fatale est enfin arrivée Qu'à vostre liberté le Ciel a réservée.

Rien ne me retient plus, et je puis dés ce jour Accomplir le dessein qu'a formé mon amour.

Non que, vous assurant d'un triomphe facile.

Je mette entre vos mains un empire tranquile; Je fais ce que je puis, je vous l'avois promis : J'arme vostre valeur contre vos ennemis, J'écarte de vos jours un péril manifeste; Vostre vertu, Seigneur, achèvera le reste.

Osmin a vu l'armée, elle panche pour vous; Les chefs de nostre loy conspirent avec nous, Le visir Acomat vous répond de Bysance, Et moy, vous le sçavez, je tiens sous ma puissance Cette foule de chefs, d'esclaves, de muets.

Peuple que dans ses murs renferme ce palais.

Et dont à ma faveur les âmes asservies M'ont vendu dés longtemps leur silence et leurs vies.

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