‹ ThéâtreChapitre 116 sur 213 · BAJAZET, ATALIDE · texte numérisé non relu

BAJAZET, ATALIDE

Bajazet.

Hé bien ! c'est maintenant qu'il faut que je vous laisse. Le Ciel punit ma feinte et confond vostre adresse. Rien ne m'a pu parer contre ses derniers coups; Il falloit ou mourir, ou n'estre plus à vous. Dequoy nous a servi cette indigne contrainte? Je meurs plus tard : voilà tout le fruit de ma feinte. Je vous Pavois prédit; mais vous l'avez voulu : J*ay reculé vos pleurs autant que je l'ay pu. Belle Atalide, au nom de cette complaisance, Daignez de la sultane éviter la présence.

Vos pleurs vous trahiroient, cachez-les à ses yeux, Et ne prolongez point de dangereux adieux.

Atalide.

Non, Seigneur. Vos bontez pour une infortunée Ont assez disputé contre la destinée, n vous en couste trop pour vouloir m'épargner : Il faut vous rendre; il faut me quitter, et régner.

Bajazet.

Vous quitter?

Atalide.

Je le veux. Je me suis consultée.

De mille soins jaloux jusqu'alors agitée.

Page 1