‹ ThéâtreChapitre 132 sur 213 · ACTE IV, SCENE I joS · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENE I joS

Dont vous jurez que dépendent vos jours.

Je verray la sultane, et par ma complaisance. Par de nouveaux sermens de ma reconnoissance,

J'appaiseray, si je puis, son courroux.

N'exigez rien de plus. Ni la mort, ni vous-même. Ne me ferez jamais prononcer que je Vaime,

Puis que jamais je n* aimer ay que vous.

Helas! que me dit-il? Croit-il que je l'ignore? Ne sçay-je pas assez qu'il m'aime, qu'il m'adore? Est-ce ainsi qu'à mes vœux il sçait s'accommoder? C'est Roxane, et non moj, qu'il faut persuader. De quelle crainte encor me laisse-t-il saisie? Funeste aveuglement ! perfide jalousie !

Récit menteur! soupçons que je n'ay pu celer! Falloit-il vous entendre, ou falloit-il parler? C'estoit fait, mon bonheur surpassoit mon attente; J'estois aimée, heureuse, et Roxane contente. Zaïre, s'il se peut, retourne sur tes pas.

Qu'il l'appaise. Ces mots ne me suffisent pas : Que sa bouche, ses yeux, tout l'assure qu'il l'aime. Qu'elle le croye enfin. Que ne puis-je moy-même. Echauffant par mes pleurs ses soins trop languissans, Mettre dans ses discours tout l'amour que je sens ! Mais à d'autres périls je crains de le commettre.

Zaïre.

Roxane vient à vous.

Atalide.

Ah ! Cachons cette lettre.

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