‹ ThéâtreChapitre 142 sur 213 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

ATALIDE, seule,

HELAS ! je cherche en vain, rien ne s'offre à ma veuë. Malheureuse! comment puis-je l'avoir perdue?

Ciel, aurois-tu permis que mon funeste amour Exposast mon amant tant de fois en un jour?

Que, pour dernier malheur, cette lettre fatale Fust encor parvenue aux yeux de ma rivale ?

J'estois en ce lieu mesme, et ma timide main. Quand Roxane a paru, l'a cachée en mon sein.

Sa présence a surpris mon ame désolée; Ses menaces, sa voix, un ordre m'a troublée; J'ay senti défaillir ma force et mes esprits. Ses femmes m'entouroient quand je les ay repris, A mes yeux étonnez leur troupe est disparue.

Ah ! trop cruelles mains qui m'avez secourue, Vous m'avez vendu cher vos secours inhumains. Et par vous cette lettre a passé dans ses mains. Quels desseins maintenant occupent sa pensée ? Sur qui sera d'abord sa vengeance exercée?

2i8 BAJAZET

Quel sang pourra suffire à son ressentiment?

Ah ! Bajazet est mort, ou meurt en ce moment. Cependant on m'arreste, on me tient enfermée. On ouvre. De son sort je vais estre informée.

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