ACTE V, SCENE II îo
Maistresse de moy-mesme, il veut bien qu'une fois Je puisse de mon sort disposer à mon choix.
Phœdime.
Helas!
MONIME
Retien tes cris, et, par d'indignes larmes, De cet heureux moment ne trouble point les charmes. Si tu m'aimois, Phœdime, il falloit me pleurer Quand d'un titre funeste on me vint honorer.
Et lors que, m'arrachant du doux sein de la Grèce, Dans ce climat barbare on traîna ta maistresse. Retourne maintenant chez ces peuples heureux; Et, si mon nom encor s'est conservé chés eux, Dy leur ce que tu vois, et de toute ma gloire, Phœdime, conte-leur la malheureuse histoire.
Et toy, qui de ce cœur, dont tu fus adoré, Par un jaloux destin fus toujours séparé.
Héros avec qui, mesme en terminant ma vie, Je n'ose en un tombeau demander d'estre unie, Reçoi ce sacrifice, et puisse en ce moment Ce poison expier le sang de mon amant 1