‹ ThéâtreChapitre 4 sur 213 · ACTE I. SCENE H if · texte numérisé non relu

ACTE I. SCENE H if

Ah! puis qu'il faut partir, partons sans luy déplaire. Retirons-nous, sortons, et, sans nous découvrir, Allons loin de ses yeux l'oublier, ou mourir. Hé quoy ! souffrir toujours un tourment qu'elle ignore? Toujours verser des pleurs qu'il faut que je dévore? Quoy! mesme en la perdant redouter son couroux? Belle reine, et pourquoy vous offensenez-vous ? Viens-je vous demander que vous quittiez l'empire? Que vous m'aimiez? Helas! je ne viens que vous dire Qu'après m'estre long-temps flatté que mon rival Trouveroit à ses vœux quelque obstacle fatal, Aujourd'huy qu'il peut tout, que vostre hymen s'avance, Exemple infortuné d'une longue constance.

Après cinq ans d'amour et d'espoir superflus, Je pars, fidèle encor quand je n'espère plus. Au lieu de s'offenser, elle pourra me plaindre. Quoy qu'il en soit, parlons ; c'est assez nous contraindre. £t que peut craindre, helas ! un amant sans espoir Qui peut bien se résoudre à ne la jamais voir?

Page 1