‹ ThéâtreChapitre 61 sur 213 · ACTE I, SCEND V 9Î · texte numérisé non relu

ACTE I, SCEND V 9Î

Invisible et dolente, est en prison chez elle.

£lle voit dissiper sa jeunesse en regrets,

Mon amour en fumée et son bien en procès.

Il la ruinera si Ton le laisse faire.

Ne connoistrois-tu point quelque honneste faussaire

Qui servist ses amis, en le payant s'entend.

Quelque sergent zélé ?

L'Intimé.

Bon ! Ton en trouve tant !

Mais encor?

L'Intimé.

Ah ! Monsieur, si feu mon pauvre père Estoit encor vivant, c'estoit bien vostre affaire. Il gagnoit en un jour plus qu'un autre en six mois : Ses rides sur son front gravoient tous ses exploits. Il vous eust arresté le carrosse d'un prince ; Il vous l'eust pris luj-mesme; et, si dans la province Il se donnoit en tout vingt coups de nerfs de bœuf, Mon père pour'sa part en emboursoit dix-neuf. Mais dequoy s'agit-il? Suis-je pas fils de maistre? Je vous serviray.

Leandre.

Toy?

L'Intimé.

Mieux qu'un sergent peut-estre.

Leandre.

Tu porterois au père un faux exploit ?

L'Intimé.

Hon, bon!

Leandre.

Tu rendrois à la fille un billet ?

L'Intimé.

Pourquoy non ?

Je suis des deux mestiers.

Leandre.

Vien, je l'entens qui crie.

Allons à ce dessein resver ailleurs.

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