‹ ThéâtreChapitre 88 sur 213 · DANDIN, LEANDRE, L'INTIMÉ, PETIT JEAN · texte numérisé non relu

DANDIN, LEANDRE, L'INTIMÉ, PETIT JEAN

Petit Jean.

Arreste! arreste! attrape!

Leandre.

Ah ! c'est mon prisonnier sans doute qui s'échappe.

L'Intimé.

Non, non, ne craignez rien.

Petit Jean.

Tout est perdu... Citron...

Vôtre chien... vient là bas de manger un chapon. Rien n'est seur devant luy : ce qu'il trouve, il l'emporte.

Leandre.

Bon, voilà pour mon père une cause. Main forte. Qu'on se mette après luy. Courez tous.

Dandin.

Point de bruit, Tout doux. Un amené sans scandale suffit.

Racine, II. 17

i3c LES PLAIDEURS

Leandre.

Çà, mon pere, il faut faire un exemple authentique: Jugez sévèrement ce voleur domestique.

Dandin.

Mais je veux faire au moins la chose avec éclat. Il faut de part et d'autre avoir un avocat.

Nous n'en avons pas un.

Leandre.

Hé bien, il en faut faire.

Voilà vostre portier et vostre secrétaire; Vous en ferez, je croi, d'excellens avocats : Ils sont fort ignorans.

L'Intimé.

Non pas. Monsieur, non pas.

J'endormiray Monsieur tout aussi bien qu'un autre.

Petit Jean.

Pour moy, je ne sçay rien ; n'attendez rien du nostre.

Leandre.

C^est ta première cause, et Ton te la fera.

Petit Jean.

Mais je ne sçay pas lire.

L'Intimé.

Hé ! Ton te soufflera.

Dandin.

Allons nous préparer. Çà, Messieurs, point d'intngue; Fermons l'œil aux presens, et l'oreille à la brigue. Vous, maistre Petit Jean, serez le demandeur. Vous, maistre l'Intimé, soyez le défendeur.

FIN DU second acte.

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