ACTE III, SCENE III
L'Intimé.
Laissez-nous.
Petit Jean.
L'Intimé...
L'Intimé.
Laissez-nous.
Petit Jean.
S'enrouê.
L'Intimé.
Hé! Laissez-nous. Euh, euh!
Dandin.
Reposez-vous, Et concluez
L'Intimé, d'un ton pesant.
Puis donc, qu'on nous, permet, de prendre.
Haleine, et que l'on nous, défend, de nous, étendre. Je vais, sans rien obmettre et sans prévariquer, Compendieusement énoncer, expliquer.
Exposer à vos yeux, l'idée universelle De ma cause et des faits renfermez en icelle.
Dandin.
Il auroit plûtost fait de dire tout vingt fois Que de l'abréger une. Homme, ou qui que tu sois. Diable, conclus, ou bien que le Ciel te confonde !
. L'Intimé.
Je finis.
Dandin.
Ah!
L'Intimé.
Avant la naissance du monde...
Dandin, baaillant.
Avocat, ah ! passons au déluge.
Avant donc La naissance du monde et sa création, Le monde, Tunivers, tout, la nature entière Estoit ensevelie au fond de la matière.
Les élemens, le feu, l'air, et la terre, et l'eau, Enfoncez, entassez, ne faisoient qu'un monceau. Une confusion, une masse sans forme.
Un desordre, un cahos, une cohuë énorme.
Unus erat toto naturx vultus in orbe, Quem Grxci dixcn cahos, rudis indigestaque moles.,,
Leandre.
Quelle chute! Mon père?
Petit Jean.
Ay! Monsieur, comme il dortî Leandre.
Mon père, éveillez-vous.
Petit Jean.
Monsieur, estes-vous mort?
Leandre.
Mon père!
Dandin.
Hé bien, hé bien , quoy ? Qu'est-ce ? Ah ! ah ! quel homme f Certes, je n'ay jamais dormi d'un si bon somme.
Leandre.
Mon père, il faut juger.
Dandin.
Aux galleres.
Leandre.
Un chien Aux galleres?