‹ ThéâtreChapitre 97 sur 213 · ACTE III, SCENE DERNIERE · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE DERNIERE

Dandin.

Di-nous, à qui veux-tu faire perdre la cause ?

Isabelle.

A personne.

Dandin.

Pour tojr je feray toute chose.

Parle donc.

Isabelle.

Je vous ay trop d'obligation.

Dandin.

N*avez-vous jamais vu donner la question?

Isabelle.

Non, et ne le verray, que je croy, de ma vie.

Dandin.

Venez, je vous en veux faire passer Tenvie.

Isabelle.

Hé ! Monsieur, peut-on voir souffrir des malheureux?

Bon, cela fait toujours passer une heure ou deux.

Chicanneau.

Monsieur, je viens icy pour vous dire...

Leandre.

Mon père.

Je vous vais en deux mots dire toute l'affaire. Cest pour un mariage, et vous sçaurez d'abord Qu'il ne tient plus qu'à vous, et que tout est d'accord : La fille le veut bien ; son amant le respire ; ^

Ce que la fille veut, le père le désire.

C'est à vous de juger.

Dandin, se rasseyant.

Mariez, au plûtost; Dés demain, si l'on veut; aujourd'huy, s'il le faut. RacùK. IL 19

Leandre.

Mademoiselle, allons, voilà vostre beaupere.

Saluez-le.

Chicanneau.

Comment?

Quel est donc ce mystère?

Leandre.

Ce que vous avez dit se fait de point en point.

Dandin.

Puis que je Tay jugé, je n'en reviendray point.

Chicanneau.

Mais on ne donne pas une fille sans elle.

Leandre.

Sans doute, et j'en croiray la charmante Isabelle.

Chicanneau.

Es-tu muette? Allons, c'est à toy de parler.

Parle.

Isabelle.

Je n'ose pas, mon père, en appeller.

Chicanneau.

Mais j'en appelle, moy.

Leandre.

Voyez cette écriture; Vous n'appellerez pas de vostre signature.

Chicanneau.

Plaist-il?

Dandin.

C'est un contract en fort bonne façon.

Chicanneau.

Je voy qu'on m'a surpris, mais j'en auray raison.

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