MA>A
Ce méchant em[iereur?...
MEr.KULO.
Oui, ce vaurien. Ce|)endant il fut un excellent act'ur. Il ne jouait que des monodrames. Car, comme le dil foit bien Suétone... Mais il vaut mieux que vous lisiez cela dans un éciit fort savant que l'un de nos académiciens vient de composer sur ce aenre de pièce de ihéàlro. On l'imprime en ce moment par oidre el aux frais de notre prince. Nous exécutons aussi toutes les nouveautés que la foire de Leipzig voit éclore. Des monodrames à deux personnages, des duodrames à troi-, el ainsi de suite...
SORA
Y chante-t-on aussi?
MERKULO.
On y chante et on y parle. Pourtant ce n'est à proprement dire ni parlé, ni chaulé. On n'y trouve ni mélodie, ni chant, fet c'est pourquoi on nomme quelquefois cela mé.odrame.
SORA
Que voulez- vous dire?
MERKDLO.
Je VOUS expliquerai cela, mesdames, une autre fois.
564 LE TRIOMPHE DE LA SENi>IBlLITÉ
SORA
tli bien, nous espérons pouvoir nous concilier Tamltié du prince. Nous nous flallonsque vous resterez longtemps chez nous : n'est-ce pas, vo;is resterez longtemps?
MEP.KULO.
C'est trop d'honneur que vous nous faites! — mais, hélasî dois-jc ne voir dans cette aimable invitation qu'un de ces ordinaires compliments de cour avec les(|uels on accueille un étranger, seulement pour s'assurer qu'il ne tardera pas à repartir?
MANA
Attendez! nous avons déjà préparé pour le prince plusienrs scènes de notre façon qui le divertiront, j'espère.
jiEr.KriLO.
Mesdemoiselles, je vous souhaite un bon succès. Puissiezvous toucher son cœur, son tendre cœur, et par vos attraits l'arracher à la mélancolie dans laquelle il dépérit!
SORA
Ah ! nous aussi nous avons de tendres cœurs, et c'est bien h notre affaire.
MANA
Ne nous apportez-vous pas quelque nouvelle chanson?
JIERKCLO.
Oui, et nous avons aussi pour habitude, quand nous trouvons un air joli, de le chanter jusqu'à extinction, si bien que personne ne veut plus l'entendre.
MANA
Quelque chanson à la lune?
MERKDLO.
Oh ! nous en avons plusieurs Si vous voulez, je puis vous en dire une.
SORA
Dites-la, oui, oh !
MERKULO chanle.
« Lanterne faite au tour, — Ton éclat fait pâlir celui des étoiles, — Et dans ton tiède lumignon, — Tu portes le doux reflet du soleil... w