‹ ThéâtreChapitre 5 sur 238 · ACTE I · texte numérisé non relu

ACTE I

Si E VERS.

Ces gneiiN de cavaliers! Si on ne leur met pas rar;:ent dans la main, pour nn diable ils ne la Icvci aient à votre service.

SIETZLER.

Tiens, je [)ariciais, moi, qu'ils ont quelque projet en tête. Qui servent-ils?

SIFVERS.

Ils m'ont défendu de le dire. Ils servent Gœlz.

METZLER

Bail! vraiment? Courons donc après nos coquins. Viens, avec mon hàlon je ne crains pas leurs broches.

SIEVERS

Oh! si un jour nous en pouvions faire autant à ces princes qui nous écorclicut tout vils!

BIÎE ADBERGE AU MIUEO DES BOIS.

GŒTZ, GEORGE, Frère MARTiN.

GŒTZ, seul devant la porte sous un tilleul.

OÙ sont donc mes cavaliers? Il faut que je me promène un peu : le sommeil me gngne. Voilà pourtant cinq jours et cinq nuits que je gnelle. On se donne bien du mal pour !e peu qu'on a de vie et de liberté. Mais aussi, quand je te tiendrai, Weislingen, je compte bien me donner du repos, (ii se verse à boire ) Eucore vide! (ii appelle.) George! Tant que je ne manquerai pas de cela, et qu'il me restera quelque courage, je me ris de l'ambition des princes et de leurs trames! (u appelle «ncore.) George! Envoyez le complaisant Weislingen à vos parents; envoyez-le à tons vos amis. Qu'il me peigne à leurs yeux sous des couleurs bieri noires! Nf vous relâchez point. Je veille. Tu m'as échappé, maudit évoque! Eh bien! ton cher Weislingen va payer pour toi. — George! Il n'entend pas. George! George !

George arme affublé de l'armure d'un homme fait,

♦) GŒTZ DE DEI'. I.icni-NGEN.

GEOr.GR.

Monseigneur !

f.ŒTZ.

Où é(ais-lu donc? as-tu dormi? Que diable signifie celle mascjiiade? M.tis sais-tu bien que tu as fort boniwî fjçon ? Approcbe, mon enfant : ne rougis donc pas; ce h'esi pas Ja bravoure «jui le mancpie, c'est plutôt un peu de taille... Cela viendra. C'est la cuirasse de Jean?

GEORGE

Oui, monseigneur. Il l'a ôlée pour dormir un instant.

Il est plus délicat que son maître.

GEORGE

Ne vous fâchez point; je la lui ai prise sans bruit; j'ai décroché du mur la vieille épée de mon père, j'ai couru dans la prairie, et là, je l'ai tirée hors du fourreau.

GŒTZ

Et tu as frappé d'estoc et de (aille tout ce qui était autour de toi, n'est-ce pas? Tu ;is dû bien arranger les buissons ! Jean dort-il ?

GEORGE

Vous lavez réveillé en m'appelanl, et c'est lui qui m'a crié qiie vous me demandiez. Je voulais d'abord me débarrasser de cette armure; mais vous m'avez appelé deux ou trois fois de suite, et je suis vite accoiuu.

GŒTZ

Va reporter la cuirasse à Jean; dis-lui aussi qu'il se tienne prôt^ et qu'il s'occupe des chevaux.

GEORGE

Je leur ai donné moi même le fourrage, et je les ai harnuchés. Vous pouvez monter qu.md il vous plaira.

GŒTZ

Apporte-moi en même temps une cruche de vin ; donnes-eu un verre à Jean, et dis-lui qu'il soit alerte. 11 le faut : j'attends à toute minute mes édaireurs.

GEORGE

Ah •' mon brave seigneur!

ACTK î 1

GŒTZ

Que veux-tu?

GEORGE

\e me periiicltrcz-vous p:)s de vous suivie?

GŒTZ

Ijiic jnilre ini-, bcorge ; (juaiiil nous aurons (jnelquesmirchaiids à |iiller el (jiiel(iue «:oiivois à jiilercei>tcr.

GEOIIGE.

Une autre fois ! Voilà déjà bien des fois que vous dites: une autre l'ois! Cette fois -ci ! oh! cette fois-ci! Je ue ileniiuide qu'à suivre de loin. Qiie jf puisse seulement vous voir! je vous rapporterai les flèches perdues.

GŒTZ

Ce sera pour la prochaine fois, George. Il faut d'abord que tu aiesuu corselet et une lance.

GEORGE

l'renez-uioi avec vous. Tenez, si j'y avais été, vous n'auriez |)as perdu votre arbalète.

GŒTZ

Tu sais cela?

GEORGE

Vous l'aviez lancée à la têle de Tennemi ; un fantassin se baissa pour la ramasser, et vous ne l'avez pas revue. Vous voyez que je le sais.

GŒTZ

C'est donc de mes gens que tu tiens cela'?

Oui bien. C'est qu'aussi, (juand nous étrillons les chevaux, je leur siflle toutes soi tes d'airs, et je leur apprends des chansons joyeuses.

GŒTZ

Ti! es uu br?\u garçon,

GEORGE

Pren<iz-moi donc avec vous, que je puisse vous le prouvée

GŒTZ

La première fois, sur ma parole! Sans armes, comme te voilà, tu ue peux combattre. D'ailleurs l'avenir aura aussi be-

s GŒTZ DE BERLTCIIINGEN.

SMiî d'hommes. Crois-moi, mon enfant, il viendra nn (emps où les princes oifriront leurs trésors pour rh>)nmie qu'ils haïssent maintenant. Allons, George, reporte à Jean sa cnirasse et donne-moi dn vin. (reorge son.) Oii sont donc mes cavaliers? C'est une chose incroyable... Un moine! D'oii vient-il à cette heure?

Entre frère Martin.

GŒTZ

Bonsoir, mon révérend père. D'où venez-vous si tard! flomme du saint repos, vous faites honte à bien des che- Talicrs.

MARTIN

Je vous remercie, noble seigneur ! et ne suis, pour vous servir, qu'un hundjle Irère, s'il s'agit de titres. Augustin est le nom (jue je porle au couvent; mais j'aime mieux qu'on m'appelle Martin, de mon nom de baptême.

Vous êtes fil igné, frère Martin, et sans doute altéré, (George ïe^ient.) Voici fort à propos du vin.

MARTLN.

Pour moi, un verre d'eau, s'il vous plaît. Je n'ose pas boire ilu vin.

GŒTZ

Est-ce contre vos vœux?

MARTIR

Non, monseigneur, boire du vin n'est pas contre mes vœux, fiais le vin pourrait nuire à leur exécution, et c'est pour cela ijoe je m'abstiens d'en boire.

GŒTZ

Qu'entendez- vous par là?

MARTIN

Vous êtes bien heureux de ne pas me comprendre. Boire et œanger, n'est-ce pas là ce qui fait la vie de l'homme?

GŒTZ

Eh bien?

MARTIN

Quand vous avez bu et mangé, vous sentez en vous un nou-

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