TOUS
Oh!
CÉCINA
Je voulais me taire, je la nomme A regret, — Lycisca !
VALÉRIA
Qu'ai-je fait à cet homme?
Je ne le connais pas, — Silius, vous voyez, — Est-ce que par hasard, dites, vous le croyez?
SILIUS
C'est mon ami, mon frère; à lui seul je me fie. Justifiez-vous donc !
VALÉRIA
Que je me justifie!
SILIUS, s'éloignant.
Adieu, madame, adieu!
Silius!... un moment!
SILIUS
Laissez-moi !
VALÉRIA
Silius! il ment!
SILIUS, s'arrctant.
Prouvez qu'il ment!
VALÉRIA
Que prouve-t-il, cet homme accusant une femrne?
172 VALÉRIA
CÉCINA
Je suis là, moi, j'affirme et j'attends.
VALÉRIA
C'est infâme I Ah!,., mon fils!
Elle perce la foule et reparaît aussitôt tenant son fils par la main. Viens! — personne ici ne me défend, Personne! — Cécina, voici mon noble enfant! Approchez! et la main sur cette tête pure, Jurez, devant ce front qui n'a point de souillure, Jurez donc, — je vous mets au défi de jurer Que vous avez le droit de me déshonorer !
CÉCINA, à Silius.
Prends mon épée, et frappe au cœur, — je t'en conjure!
Là, — Je souffrirai moins !
Se tournant vers la foule.
— J'ai dit vrai.
Etendant la main sur la tête de l'enfant.
Je le jure!
Valéria s'élance et reprend son enfant dans ses bras; puis elle chancelle. — Ses femmes emmènent Britannicus. — Silius et Cécina sortent précipitamment. — Corbulon, Plautius, officiers, soldats, sénateurs, tout le monde se retire avec stupeur, dans un lugubre silence. Valéria reste seule anéantie.