‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 162 sur 300 · ACTE I · texte numérisé non relu

ACTE I

LE ROI

Ah! fort bien. Qu'il demeure!

Nous verrons cette affaire au Conseil, tout à l'heure! — Mais chacun doit garder le poste où je l'ai mis.

Le chambellan sort.

Je l'aime, ce Châbanne ! Il se croit tout permis : C'est l'orgueil en personne ! ... Au moins il n'est pas fourbe . Mais je veux maintenant que le plus fier se courbe! Il est temps.

Un son de trompe au dehors.

Écoutez !

Deux autres sons de trompe DAULON.

Le crieur?... Qu'est-ce donc?

LE ROL

La Féodalité qui s'écroule, Daulon.

LE CRIEUR, au dehors.

({ De par le Roi, notre Sire !

« Vu les désordres, pillages et cruautés des gens de « guerre :

(( Les milices féodales sont licenciées. (( Quinze compagnies d'ordonnance, à la solde du Roi, (( formeront avec les francs archers une armée perma- « nente et régulière.

(( Le Roi seul désormais nomme les capitaines. « Défense à tous, seigneurs, comtes et barons, de piller, « maltraiter, rançonner les gens des villes et des campa- (( gnes, — sous peine de mort ! »

Applaudissements, rumeurs joyeuses de la foule.

LE ROI

Qu'en dites-vous?

DAULON

Je dis, Sire, plus de manant!

Je dis que nous avons un peuple maintenant.-

Ce peuple, j'en veux faire une armée aguerrie, Qui soit toute la France et toute la patrie ; Milice toujours prête à Theure du danger, Qui, l'épée à la main, pour chasser l'étranger, Terrible, à mon signal, bondissant tout entière, Apparaisse debout, le pied sur la frontière! -- Je compte sur le peuple : il est honnête et fort! Arrière les blasons ! Le courage d'abord ! — Oh ! ne déroulez point vos bannières hautaines, Messeigneurs! Libre à vous!... Mes quinze capitaines, Je les trouverai bien où j'irai les chercher. — Dieu merci ! plus d'un brave est encor simple archer.

DAULON

Sire, j'en connais un, fort obscur, j'imagine :

Il ne sait même pas quelle est son origine;

Mais brave au dernier point ! . . . C'est à lui que je doi

Ce bonheur... de revoir et la France et mon Roi !

LE ROI

Comment?

DAULON

Ce jeune fils de Talbot, — c'est lui, Sire, Qui Ta fait prisonnier.

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