ACTE IL
BRÉZÉ
Bien.
DAULON
Intrépide et fidèle, Je crois qu'il irait seul prendre une citadelle !
BRÉZÉ
Vous entendez, Raoul?
RAOUL
Oui, monseigneur, j'entends.
BRÉZÉ
Ainsi l'on peut vous mettre à l'épreuve?
J'attends
BRÉZÉ
Êtes- vous armé?
RAOUL
Oui. — Que faut-il que je fasse?
BRÉZÉ, montrant la sentinelle.
Voyez-vous cet archer? — Il faut prendre sa place.
Retenant Raoul qui va vers le donjon.
Un instant.
RAOUL
Monseigneur, à vos ordres.
BRÉZÉ, aux gens cachés derrière le théâtre.
Allons!
Un groupe d'hommes armés paraît tout à coup, se précipite sur la sentinelle, la désarme et l'entraîne bâillonnée derrière le théâtre ; l'un d'eux a jeté le manteau de cet archer sur les épaules de Raoul, qui se place devant le donjon. — A Raoul.
Voici le mot du guet : — Tours, au lieu de Chalons.
RAOUL
Bien.
BRÉZÉ
Ne laissez personne entrer par cette porte. — Hors le frère Adelbart, que personne ne sorte!
Personne.
BRÉZÉ
Vous aurez toujours la dague au poing.
Si quelqu'un veut franchir le seuil, n'appelez point-, Frappez.
RAOUL
Soit.
DAULON, à Brézé.
Qu'est-ce donc?
BRÉZÉ
Un danger; l'heure presse.
Daulon, des gens suspects sont dans la forteresse, Et je ne serais pas étonné qu'on tentât, Cette nuit, de sauver le criminel d'Etat.
DAULON
Le Bâtard de Bourbon?
BRÉZÉ
Je n'accuse personne...
Mais de Tillay n'est pas très-sûr... je le soupçonne De jouer double jeu... Sans dire mes raisons. Je mets en d'autres mains la garde des prisons. Lui, je l'emploie ailleurs.