ACTE III
MARGUERITE, amèrement.
Voilà comme
Il se venge!
DE TiLLAY, bas, avec menace.
Peut-être. — Oh! je me souviens, moi!
MARGUERITE
Si je me souvenais!... Prenez garde!...
DE TILLAY
Je croi Que vous me menacez?
Malgré votre insolence, Par pitié, jusqu'ici, j'ai gardé le silence! Songez que pour vous perdre un mot aurait suffi...
DE TiLLAY.
Dites-le donô ce mot! Je vous mets au défi.
MARGUERITE
Si Monseigneur venait à savoir qu'un infâme Eut la pensée un jour de corrompre sa femme, Et que ce corrupteur, cet homme fourbe et vil Est celui qui m'outrage ici, — que dirait-il?
DE TILLAY
Ce que je dis moi-même; il dirait : C'est un songe, La belle poésie est mère du mensonge.
MARGUERITE
C'en est trop !
Tout à coup Raoul s'élanbë de l'oratoire, l'cpce à la main.
RAOUL
Misérable!
DE TlLLAY, d'un air de triomphe.
Enfin! enfin!
MARGUERITE, avec désespoir.
Hélas!
DE TILLAY
Vous avez bien tardé, jeune homme!
RAOUL, sourdement.
Oui, n'est-ce pas? En garde!
MARGUERITE, cherchant à le retenir.
Non, Raoul! non! — C'est une prière!... Je ne veux pas!
RAOUL
Il faut que je le tue!
DE TILLAY
Arrière!
Ici voi^s n'êtes pas en champ clos, compagnon. RAOUL, se dégageant des bras de Marguerite. Tant mieux! tu vas mourir!... L'épée en main! sinon...
DE TILLAY
On veut le bruit, l'esclandre?... Eh bien! c'est mon afïaii
Appelant.
Holà! quelqu'un!