‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 250 sur 300 · ACTE III · texte numérisé non relu

ACTE III

MARGUERITE, amèrement.

Voilà comme

Il se venge!

DE TiLLAY, bas, avec menace.

Peut-être. — Oh! je me souviens, moi!

MARGUERITE

Si je me souvenais!... Prenez garde!...

DE TILLAY

Je croi Que vous me menacez?

Malgré votre insolence, Par pitié, jusqu'ici, j'ai gardé le silence! Songez que pour vous perdre un mot aurait suffi...

DE TiLLAY.

Dites-le donô ce mot! Je vous mets au défi.

MARGUERITE

Si Monseigneur venait à savoir qu'un infâme Eut la pensée un jour de corrompre sa femme, Et que ce corrupteur, cet homme fourbe et vil Est celui qui m'outrage ici, — que dirait-il?

DE TILLAY

Ce que je dis moi-même; il dirait : C'est un songe, La belle poésie est mère du mensonge.

MARGUERITE

C'en est trop !

Tout à coup Raoul s'élanbë de l'oratoire, l'cpce à la main.

RAOUL

Misérable!

DE TlLLAY, d'un air de triomphe.

Enfin! enfin!

MARGUERITE, avec désespoir.

Hélas!

DE TILLAY

Vous avez bien tardé, jeune homme!

RAOUL, sourdement.

Oui, n'est-ce pas? En garde!

MARGUERITE, cherchant à le retenir.

Non, Raoul! non! — C'est une prière!... Je ne veux pas!

RAOUL

Il faut que je le tue!

DE TILLAY

Arrière!

Ici voi^s n'êtes pas en champ clos, compagnon. RAOUL, se dégageant des bras de Marguerite. Tant mieux! tu vas mourir!... L'épée en main! sinon...

DE TILLAY

On veut le bruit, l'esclandre?... Eh bien! c'est mon afïaii

Appelant.

Holà! quelqu'un!

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