‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 282 sur 300 · ACTE IV · texte numérisé non relu

ACTE IV

RAOUL

Vivant ou mort, je barre cette porte !

Le Dauphin se précipite avec un groupe de conjurés sur Raoul, qui disparaît un instant dans le tourbillon ; mais soudain ces cris : Vive le Roi! vive le Roi! se font entendre dans l'éloignemeat et se rapprochent. Les conjurés, surpris, lâchent Raoul , qui s'élance vers la porte de la chambre du Roi.

RAOUL

Entendez-vous ces cris?

Au dehors, avec plus de force :

Vive le Roi !

LE DAUPHIN , aux conjurés.

Main-forte!

Allons, vous tous! allons !

RAOUL

Que nul ne bouge l

Les conjurés demeurent immobiles ; plusieurs ont pris la fuite.

LE DAUPHIN , montrant la chambre royale.

Au Roi! —

Lâches! vous avez peur?... Eh bien! j'irai seul, moi.

11 court, l'épée à la main, vers le fond du théâtre ; mais il s'arrête tout à coup et recule avec effroi devant le cadavre de Chabannes couché en travers de la porte. Enfin, après quelques instants d'une hésitation pleine d'horreur, il saute par-dessus le cadavre; aussitôt la porte des appartements royaux s'ouvre; le Roi paraît sur le seuil. Il se fait un profond silence ; le Dauphin laisse tomber son épée. Le Roi s'avance lentement, et rencontre le cadavre de Chabannes ; il se penche vers lui, pose une main sur le cœur de son vieux compagnon d'armes, et laisse échapper un sanglot. Il se relève, et marche vers le Dauphin, qui recule à mesure avec stupeur.

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