ACTE III
PALLAS
J'ai mon centurion tout prêt, un homme agile.
Maintenant, comptez-vous sur des gens résolus? Nous avons échoué.
PALLAS
Oui; nous n'échouerons plus.
AGRIPPINE
Quelle escorte avez- vous donnée à cette femme ?
PALLAS
Douze prétoriens... de choix.
AGRIPPINE
Si peu !
PALLAS
Madame, Vous n'y songez donc pas? dotize hommes pour saisir Une femme, un enfant!... le tout c'est de choisir. Douze hommes, bien ! on est sûr d'eux, et nous le sommes, — De cinquante, jamais !
AGRIPPINE
J'entends... Et vos douze hommes?
PALLAS
A neuf milles d'ici, dans la plaine, à Féria, Mes hommes, tout à coup, fondent sur Valéria, Et, dans une maison qui m'est abandonnée. Tiennent avec le fils la mère emprisonnée; Puis, quand nous aurons fait notre besogne ici,
i3o VALERIA.
Moi je cours à Féria pour en finir aussi.
Bon ! Je vais retrouver Claude avec qui je soupe; Je veux que l'hippomane écume dans sa coupe, Et je l'amène ici, furieux, égaré.
PALLAS
Ici, dans cette vigne, où j'ai tout préparé, — Lycisca ?
AGRIPPINE
De chez moi, par la secrète issue.
On l'apporte à l'instant, voilée, inaperçue : Mes deux esclaves noirs la gardent à côté. Elle croit voir la fin de sa captivité.
PALLAS
Bon! et Mnester?
AGRIPPINE
J'ai fait parvenir la missive :
Il se parfume et rit, sa joie est convulsive. Je gage que, déjà même, vous le verriez Qui se glisse, entr'ouvrant la porte des Lauriers.
Bruit.
Quel est ce bruit, Pallas ?
PALLAS
Oh! rien. C'est, je présume, L'esclave dont je vais emprunter le costume.
Agrippine veut s'éloigner.
Attendez pour sortir. — je veux le renvoyer