‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 96 sur 300 · SCÈNE XIV · texte numérisé non relu

SCÈNE XIV

PALLAS, en habit d'esclave, puis LYCISCA.

PALLAS jette un coup d'oeil inquiet autour de lui. La nuit eit venue. Enfin, il va ouvrir une des portes latérales.

Entrez ici, madame.

LYCISCA.

Robe de Milet à étoiles d'or, retroussée au genou ; couronne de pampres et d'acanthes.

Où suis- je encor?

PALLAS

Chez Vous.

LYCISCA.

Gomment, chez moi? Voyons, mon cher, plaisantons- nous?

Depuis ce rapt, depuis la semaine dernière,

De cachette en cachette on me tient prisonnière.

Du reste, on a pour moi des soins hospitaliers;

i32 VALERIA.

Mais lorsque je m'adresse à mes deux noirs geôliers Ils me disent alors ce que tu me répètes, — Poliment : C'est chez vous, madame, que vous êtes. — Quelle rage avez-vous, quand je suis en prison, De me dire toujours : Voilà votre maison ?

PALLAS

Une personne, alors jalouse par méprise, Vous rend la liberté qu'elle vous avait prise. Et pour votre maison, forcée injustement. Vous donne ce palais en dédommagement.

LYCISCA.

Bon ! mais puis-je en sortir ?

PALLAS

Selon votre caprice.

LYCISCA.

Et l'on m'obéira ?

PALLAS

Pour qu'on vous obéisse.

Madame, commandez!

LYCISCA.

Eh bien ! nous allons voir.

Et d'abord, mon palais me semble un peu trop noir. Je suis libre... Il a tort de ne pas être en fête... Je hais l'ombre, d'ailleurs, quand je ne l'ai point faite. Des lumières, du jour! vite ! allons...

PALLAS

En voici. Le théâtre s'éclaire.

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