ACTE IL
* Ordonnant à chacun de rechercher la trace
^Du coupable inconnu.
* Comme un taureau sauvage, errant et solitaire,
* De rochers en rochers, par les bois ténébreux,
'^ Il fuit, le malheureux !
* Cet oracle, parti du centre de la terre,
* Il veut s'y dérober... Implacable tourment!
* L'oracle autour de lui vole éternellement!
STROPHE DEUXIEME
Dans quelle épouvante me plonge
Ta parole, ô sage devin !
Comment te croire, quand j'y songe?...
Mais puis-je accuser de mensonge
Le prophète, l'homme divin?
De l'espoir à la crainte, inquiet et sans guide.
Mon esprit flotte embarrassé; Tout est sombre pour moi, ie présent, le passé !... Car enfin quel débat^ quelle haine homicide,
Entre la race Labdacide Et le fils de Polybe, agita son flambeau? Je l'ignore; et mon cœur veut des preuves pour croire. Dois-je donc, te chargeant d'une action si noire, Œdipe, ô mon sauveur, déshonorer ta gloire
Pour venger Laïus au tombeau ?
ANTISTROPHE DEUXIEME
Jupiter dans nos cœurs pénètre ; Apollon sait notre destin :
Mais qu'un devin puisse connaître Ce qui fut et ce qui doit être,
Cela me paraît moins certain...
Un homme, que le ciel plus que moi favorise.
Un sage, éclairé par les dieux.
Peut sur les autres fronts s'élever radieux; Mais, avant que pour toi l'avenir réalise
Ce que l'augure prophétise.
Je ne souffrirai pas qu'on outrage ton nom, Œdipe!... Quand sur nous fondit la vierge ailée, Tu l'exterminas seul dans sa morne vallée!... Et par toi notre ville heureuse et consolée
T'accuserait d'un meurtre?... Non.