ACTE IV
Quand tu me rencontras quelle-était ma souffrance?
LE MESSAGER
Tes pieds témoigneraient encor de ton malheur...
ŒDIPE
Quel souvenir d'ancienne et poignante douleur î
LE MESSAGER
C'est moi qui déliai la sanglante courroie Qui traversait tes pieds.
ŒDIPE
A quelle honte en proie, J'ai commencé ma vie, et dans quel abandon !
LE MESSAGER
Depuis cette infortune Œdipe fut ton nom.
ŒDIPE
Ce traitement cruel, qui l'ordonnait?,., mon père? Au nom des dieux, réponds!... Quoi 1 serait-ce ma mère?
LE MESSAGER
je l'ignore. Celui qui t'a remis à moi Doit le savoir.
ŒDIPE
Qui m'a trouvé ?,.. Ce n'est pas toi?
LE MESSAGER
Non, un autre à mes soins confia ton enfance.
ŒDIPE
Qui donc?
LE MESSAGER
C'est du feu roi quelque esclave, je pense.
ŒDIPE.'
Du roi de ce pays, du fils de Labdacus ?
LE MESSAGER
Oui. Cet homme gardait les troupeaux de Laïus.
ŒDIPE
Dis-moi, vit-il encor? dis-moi, puis-je l'entendre?
LE MESSAGER, au chœur.
Habitants du pays, vous pourriez nous l'apprendre. <
ŒDIPE. f
Est-il quelqu'un de vous, Thébains, qui par hasard Connaisse le berger dont parle ce vieillard? L'a-t-on vu dans la ville ? Est-ce aux champs qu'il habite ? Parlez, et que le fait s'éclaircisse au plus vite.
LE CORYPHÉE
Ce pasteur, je le crois, n'est autre que celui