SCÈNE IL CASSIUS, BYRRHA
CASSIUS
BYRRHA.
Seigneur?
CASSIUS
Approche, esclave intelligent; Pose là ta corbeille et ce vase d'argent. Ménage ta vigueur, mon gladiateur corse : J'ai besoin que ton bras garde toute sa force.
BYRRHA.
Vous m'avez acheté : Byrrha le montagnard Est à vous. Ordonnez
CASSIUS
As-tu pris ton poignard ?
BYRRHA.
Byrrha sans son poignard, mais c'est le corps sans l'âme. C'est le bras sans la main, le manche sans la lame !
ii8 LE TESTAMENT DE CÉSAR.
CASSIUS
Bien. Ne t'éloigne pas.
Il fait un signe; Byrrha retourne dans l'atrium. Il faut, et sans retour, Que j'en finisse avec ce ridicule amour. Cassius amoureux, et Cythéris rebelle!... Cassius dédaigné par Cythéris!... Ma belle, Nos élégants de Rome, aux doigts lourds de rubis, Ceux-là qui laissent pendre et flotter leurs habits, Qui, trônant sur un char, fiers d'être sans émules. Font polir et dorer le sabot de leurs mules ; Tous nos fats au parler grasseyant et moqueur, Tous nos petits Troyens, riraient de trop bon cœur S'ils venaient à savoir que mon pauvre navire, — Où tant de voyageurs ont abordé, — chavire. Je suis trop jeune encor pour souff'rir ces mépris. ' Quand une femme aimable, et comme Cythéris, Fait la prude, et repousse un homme de ma sorte, C'est qu'elle en aime un autre. — - Avant que je ne sorte, Elle m'avouera tout ; je connaîtrai celui... Me venger d'elle !... Oh ! non, mais vengeons-nous de lui.