‹ Théâtre (volume 3)Chapitre 97 sur 211 · PROLOGUE. i · texte numérisé non relu

PROLOGUE. i

CESAR

Parce que cette nuit, Dont l'azur étoile moins que vos yeux reluit, Ne sera point, hélas! plus longue que les autres. La nuit d'Amphitryon égala trois des nôtres !

CYTHERIS.

César, ce que je veux de toi, ce que j'attend.

Ce n'est pas une nuit, c'est une heure, un instant,

Pourvu qu'en cet instant de volupté suprême

Ton cœur dise à mon cœur : «. O Cythéris, je t'aime 1 n

CÉSAR

Je t'aime, ô Cythéris ! Et maintenant dis-moi, Que veux-tu, cher amour? ton désir est ma loi. Demande, et pour deux mots pleins d'une ivresse étrange, Pour ces deux mots : « César, je t'aime! )) doux échange! Par ma mère Vénus qui nous ouvre les bras. Je te donne, choisis, tout ce que tu voudras!

CYTHÉRISr

Donne-moi ce laurier, pour que ma main l'effeuille Bien rarement, j'espère, et t'envoie une feuille Qui vienne t'avertir, courrier muet et prompt, Chaque fois qu'un danger planera sur ton front.

CÉSAR

Ce laurier?

CYTHÉRIS.

N'est-ce pas un signe de victoire?

i64 LE TESTAMENT DE CÉSAR.

CÉSAR

Oui, Cythéris ; eh bien ?

CYTHÉRIS.

Eh bien ! c'est là ma gloire.

Je veux qu'on dise un jour à l'univers surpris : Quand César triomphait du monde, Cythéris, La pauvre enfant d'Athène, a, dans ce jour-là même, Triomphé de César.

CÉSAR, lui donnant sa couronne de laurier.

On le dira.

CYTHÉRIS.

Je t'aime !

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