‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 10 sur 210 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

GERVAISE, L'ABBÉ, qui est allé à sou déjeuner.

GERVAISE, à la cantonade.

Va-t'en au diable, meunier de malheur, et puisses-tu n'en jamais revenir!

L'ABBÉ, grignotant des no:x et du pain. Mais à qui en avez-vous, dame Gervaise? C'est M.Michaud que vous poursuivez ainsi de vos invectives? Que vous a-t-il donc fait? Que lui reprochez - vous ? S'il nous est permis de faire encore un peu de bien, n'est-ce pas à lui que nous le devons?

GERVAISE

Dites que nous le devons à nos terres, dont il est en train de nous débarrasser.

l'abhk.

Vous voilà bien! Pour quelques petits morceaux, de ci de là, qu'il nous achète, par pure bonté d'âme... GERVAISE, ironiquement.

Pour nous obliger.

l'abbé.

Oui, ma bonne amie, pour nous obliger, (il boit un verre d'eau.)

GERVAISE

Je vous dis, moi, que c'est un sournois, et qu'il a son idée.

L'ABBÉ, venant à Gorvaise.

Eh bien, oui, il a son idée... oui, dame Gervaise, il a son idée ; et l'heure est bien choisie pour tomber sur lui, quand il apporte une combinaison...

GERVAISE

Oh ! j'en ai une aussi, moi, et c'est la bonne! Que mademoiselle fasse un choix parmi les gentilshommes qui demandent sa main, et, au lieu d'éparpiller son domaine en détail pour quelques ccus qui s'en vont et ne reviennent pas, qu'elle prenne un mari, qui mettra dans ses terres du bon blé qui revient tous les ans!

l'abbé.

Un mari!... mais vous savez bien... (Regardant au fond.) Silence! la voici! (il se remet à son travail.)

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