‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 141 sur 210 · ACTE DEUXIEME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIEME

M ONT LOUIS, à la cheminée.

Bah! il est à Paris pour se déniaiser... Quand il perdrait une dizaine de louis, le grand mal!

IlORTENSE.

Ce n'est pas une partie où l'on perde si peu.

MONTLOUIS

Il ne perdra pas plus qu'il n'a dans sa poche, soyez t! anquille.

Et vous?

MONTLOUIS

Moi! je ne fais rien. Je perds mon temps.

HORTENSE

Là-bas, ou ici?

MONTLOUIS

Là-bas, certes! Ici, je le rattrape.

HORTENSE, remontant vers lui.

Très-galant. Je suis charmée quTsmaïl ne vous ait pns détroussé, car j'ai un service à vous demander.

MONTLOUIS, s'asseyent sur le tête-à-tète.

Un service d'argent? A vos ordres, ma chère.

HORTENSE , accoudée sur le dossier.

Vous êtes tout à fait charmant aujourd'hui.

MONTLOUIS

Moins que vous, sur ma parole! Vous avez une toilette qui vous sied à ravir. Je vous regardais pendant le dîner et je me disais : Faut-il...

IIORTENSE.

Que les hommes sont bête?, n'est-ce pas?

Ma foi, oui! (a part.) Qu'est-ce que je dis donc? (Haut.) Bref, cette toilette est délicieuse, il faut la payer, et vous êtes à court... me voilà.

HORTENSE

Je dois vous prévenir qu'elle est un peu chère... Elle se monte, avec quelques menus accessoires, à...

MONTLOUIS

C'est bon! c'est bon! Nous réglerons le mémoire quand nos convives seront partis. Voulez-vous me donner une tasse de thé... chez vous?

IIORTENSE, à part.

En voici bien d'une autre! (Haut.) En un mot, il me faut demain matin cinquante mille francs.

MONTLOUIS

Vous dites?

HORTENSE

Je dis cinquante mille francs.

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