ACTE QUATRIÈME
MONTLOUIS, de même.
Vous allez voir. (Haut.) Permettez-moi, madame, es nom et qualités, de vous donner un conseil qui importe à votre dignité et même à votre bonheur. N'acceptez pas un sacrifice qu'on ne vous pardonnerait pas, si chevaleresque qu'on soit.
JEAN
Assez, monsieur!
MONTLOUIS
Rendez le vicomte à ses destinées et retournez aux vôtres! Vous avez un intérieur, une famille, des enfants... épargnezleur l'amitié sacrilège de votre amant!
JEAN
Mais c'est de la démence, monsieur.
MONTLOUIS
C'est de l'éloquence !
JEAN
Vous êtes gris!
MONTLOUIS
Qu'importe, pourvu que je vous sauve, ingrat! (n lui prend u.
main et la garde dans la sienne.) Votre mère m'applaudirait. (Haut )
Épargnez à votre amant lui-même l'amitié humiliante de votre
mari et Sa poignée de main loyale... (Jean retire virement sa main et reste immobile, les yeux baissés. Montlouis le regarde avec étonnement et après un silence, désignant la porte de droite.) C'est Madame de Mont-
louis qui est là.
JEAN
Non, monsieur.
136 JEAN DE TIIOMMEKAY.
MONTLOUIS
Si ce n'est pas elle, vous m'en devez la preuve. Je suis homme d'honneur : ouvrez-moi cette porte.
JEAN
Vous ne l'espérez pas!
MONTLOUIS
Ouvrez cette porte, vous dis-je!