‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 27 sur 210 · AUL · texte numérisé non relu

AUL

Et pourquoi cola, monsieur Germain ?

GERMAIN

Le citoyen Michaud, déjeunant au château, à la table de M. lo vicomte, cela m'a paru tellement exorbitant...

PAUL

D'abord, je te prierai de ne plus me rebattre les oreilles de ton éternel M. le vicomte, et de renoncer à cette manie d'appeler ma ferme un château... Joli château, ma foi!... Quant à moi, qui ai toujours vécu à l'étroit, tandis que mes nobles cousins de la branche aînée menaient grand train dans de vastes domaines, j'ai beaucoup réfléchi sur l'organisation sociale, et j'y ai constaté bien des abus. Aussi j'ai pris l'égalité pour devise ctjo vis en conséquence : cultivant mon champ de mes mains et usant moins de souliers que de sabots... Tâche donc do comprendre cela une fois pour toutes, et fais-moi grâce de tes étonnements sempiternels.

GERMAIN

Ah! je suis plus affligé que surpris de tout ce que je vois, M. le vicomte.

PAUL

Encore ?

G F. RM A IX.

Monsieur... tout court, puisque vous l'exigez.

PAUL, s'asseyant à gauche.

C'est bien assez déjà.

A moins pourtant de vous appeler citoyen.

PAUL, liant.

Je n'y verrais aucun inconvénient.

GERMAIN, scandalisé.

Ah! monsieur!... mais tout cela devait arriver fatalement. Ouandon part de la philosophie, on doit en venir à l'impossible. Aussi, fie M. d'Alembert, avec qui on pouvait encore causer, on en est tombé à M. Michaud.

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