SCÈNE V IRMA, MICHAUD, PAUL
IRMA
Oui, monsieur Paul , je suis venue vous dire bonjour, en passant.
PAUL
Ah! moi qui espérais déjà que vous seriez des nôtres !
MICHAUD
Vous êtes bien honnête... mais une femme de ménage ne quitte pas sa maison comme cela. Et puis une jeune fille qui viendrait déjeuner chez un garçon... et un beau garçon, da !
PAUL
Monsieur Michaud !
MICHAUD
Oh! jo ne m'en dédis pas. Et je puis dire que, de son côté, Irma est une jolie fille aussi.
IRMA
Mon père !
PAUL
Certes 1
MICHAUD
Et douce, et sage, et ordonnée! enfin la perle des ménagères, quoi ! et c'est tout dans une maison.
Le fait est qu'une maison sans femme...
MICHAUD, descendant à gauche.
Eh bien, dis donc, mignonne, puisque te voilà, si tu donnais un coup d'œil à droite, à gaucho... (A Pani.) Oh! en un tour do main, elle vous aura mis la maison en ordre.
PAUL, sonriant.
De l'ordre ici? Je ne m'y reconnaîtrais plus. D'ailleurs, mon amour-propre aurait trop à souffrir d'une pareille inspection. Quand je veux faire voir ma maison à son avantage, je prie mes hôtes d'en sortir, et je les conduis au jardin. Là, du moins, je me défends un peu. Fourtant, je ne répondrais pas quo mes fleurs soient aussi fraîches que vos joues vermeilles; mais elles en approchent, et c'est vraiment tout ce qu'on peut leur demander.
IRMA
Monsieur Paul!
PAUL, à part, en remontant un peu.
C'est assez joli, ça!
MICHAUD
A'icz, mes enfant=, allez faire un tour au jardin.
IRMA
Ne venez-vous pas aussi, mon père?
MICHAUD, passant à droite.
Non, je me sens un peu las, et je me reposerai un brin ici, en \ous attendant.